Abréviation et bon usage

Nous avons pour habitude d’abréger les mots, quelques mots, certains mots, beaucoup de mots.

Ces abréviations, que nous utilisons tous quotidiennement, nous viennent d’où ? de nos prises de notes au cours de nos années d’étude ? de notre apprentissage de la sténographie -certaines se reconnaitront- ? de nos choix personnels ?

L’abréviation est un procédé graphique qui consiste à écrire un mot en n’utilisant qu’une partie de ses lettres.

C’est vrai, nous n’avons jamais vraiment appris à les écrire correctement ; nous reproduisons des formes d’abréviations inexactes sans trop le savoir, peut-être pour satisfaire à notre propre logique.

Ce procédé que nous trouvions déjà dans les manuscrits du Moyen âge, repris ensuite avec l’imprimerie, a pu répondre à un besoin d’économiser le travail du copiste mais aussi d’économiser le parchemin. Aujourd’hui encore, il répond à ce besoin de gagner du temps et de la place. L’abréviation permet aussi d’accélérer la lecture mais doit garder à l’esprit de permettre d’augmenter la lisibilité du texte.

Évidemment, lorsque nos écrits ne sont destinés qu’à nous-même, sans avoir à être relu par d’autres personnes, continuons à utiliser nos propres codes qui ont sans doute fait leur preuve et répondent parfaitement à la seule nécessité de gagner du temps.

Dans un texte littéraire ou artistique, l’usage de l’abréviation n’est pas souhaité ; un documentaire, un texte scientifique, un texte technique tolèrent davantage cette dernière.

Il n’en demeure pas moins qu’elle est utilisée couramment pour un écrit de travail, une correspondance administrative, un acte juridique, un mémoire, etc.

Dans ce cas, son écriture requière l’utilisation de règles spécifiques pour que le texte abrégé soit lu donc compris sans effort et sans ambiguïté par son lecteur.

En réalité, il n’existe pas vraiment de règles précises dans ce domaine ; seulement un usage fréquent qui fait référence, un code typographique.

Je vais me concentrer ici sur la typographie requise pour des abréviations courantes, utiles pour vos écrits de travail mais applicables également pour vos correspondances administratives :

Monsieur : M.  
Messieurs : MM.  
Madame : Mme 
Mesdames : Mmes  
Docteur : Dr 
Docteurs : Drs 
Maître : Me 
Maîtres : Mes 
Professeur : Pr 
Professeurs : Prs
Heure : h 
Minute : min 
Seconde : s
Premier : 1er 
Première : 1re 
Premiers : 1ers 
Deuxième, troisième, etc. : 2e 
Deuxièmes, troisièmes, etc. : 2es 
Second : 2d 
Seconde : 2de
Référence : réf. 
Post-scriptum : P.S.
Confer : cf.
Et cætera : etc. 
e-mail : mél. 
Nota bene : N.B.
Curriculum vitae : C.V.
Habitants : hab. 
Avenue : Av. 
Compagnie : Cie Établissement : Éts Téléphone : tél. 
Water-closet : W.-C. 
C’est-à-dire : c.-à-d.
Page : p.
Pages : pp.
Verso : v°
Recto : r°
Folio : f°
Article : art.
Chapitre : chap.
Numéro : n°
Numéros : n°s

Précisions utiles :

  • Si le mot exige une majuscule, son abréviation la prendra aussi : Arch. nat. pour Archives nationales,
  • Si le mot commence par une majuscule accentuée, son abréviation la prendra aussi : Éts Dupont et Dupond pour Établissements Dupont,
  • Si l’abréviation finit la phrase, le point abréviatif et le point final se confondent : etc.
  • Si l’abréviation arrive en fin de ligne, elle est à proscrire : hist. | nat. pour histoire naturelle.

Certains puristes s’accorderont à dire que tout et n’importe quoi n’est pas tolérable en dénonçant essentiellement certains textes lus dans la presse. Mais ils prônent quand même pour une liberté pour chacun, en dehors de ces textes pour lesquels ces règles s’imposent. 

Sans toutefois aller jusqu’à l’écriture SMS -qui doit être réservée à l’unique usage des SMS- pourquoi ne pas chercher à évoluer avec son temps et faire bouger les codes de cette typographie.

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